12/08/07
J'avais compris depuis les premières notes sorties des enceintes lors de la mise en service du Tripath T-100 qu'il se passait quelque chose d'inhabituel : la musique semblait comme libérée de toute sonorité électronique. Mieux : plus le message était compliqué, plus l'amplificateur semblait "content" de jouer. Les anglo-saxons emploient le terme "effortless" pour décrire ce phénomène, un terme que je trouve parfaitement adapté à la restitution qu'offrent les amplificateurs Flying Mole et Tripath écoutés ici.
Si l'on s'interresse maintenant point par point aux résultats obtenus voici mes impressions :
- Je le dis tout net, les amplificateurs de nouvelle génération sont très loin devant tout ce que je connaissais de très bon jusqu'ici, quelle que soit la catégorie d'appareil. Le Zenquito de Jean Marc Plantefève ou le Goldmund étaient jusque là des références à mes oreilles, il est clair que mes références ont changé.
- S'il fallait établir un classement, le haut du podium serait occupé par le Flying Mole, à quasi égalité avec le Tripath T-100. Au fil des écoutes les différences entre ces deux circuits sont tellement subtiles que l'on en arrive à se demander quel est celui que l'on préfère, quel est le plus transparent. Car il est bien là le critère commun à ces deux amplificateurs : le respect absolu de ce qui est enregistré. Si l'enregistrement est bon, c'est bon. Si l'ingénieur du son ou le responsable du mastering ont laissé leur savoir faire au vestiaire, c'est mauvais. Je n'attends rien d'autre d'une électronique, et sur ce plan je suis comblé. Le Goldmund SRA est également excellent, et présente un raffinement dans les aigües que n'ont pas encore les classe D, mais il n'a pas cette capacité à reproduire sans stress les passages très compliqués. Le bon dernier, hélas, est le Zenquito : malgré un équilibre tonal irréprochable et une aisance dans le bas du spectre qui force le respect, il donne nettement l'impression de tasser l'espace sonore. Quelle claque !
- Je trouve le secteur aigu et médium du Tripath tout à fait magnifique : matière, douceur, respect des timbres, tout cela est de très haut niveau.
- Le Flying Mole en impose par son aisance souveraine lors des fortes sollicitations, les écarts de dynamique sont magnifiquement restitués. Il est tout simplement somptueux en toutes circonstances
Enfin, malgré le rendement modeste des enceintes utilisées pour ce comparatif aucun de ces deux amplis n'a semblé être à la peine à quelque moment que ce soit. Le programme élaboré par Franck M. était pourtant impitoyable sur cet aspect. Dans mon système multiamplifié le Tripath trouvera sa place pour alimenter les tweeters ou les mediums. J'attends avec impatience l'arrivée du Gemincore de CL3 pour assister à la finale du match. Une chose est très claire : une page vient d'être tournée et une ère nouvelle commence pour l'amplification audio, enfin !