12/06/2006

Merci à Franck M. d'avoir pris le temps et la peine - il ne tape pas vite - de rédiger ce compte-rendu :

En préambule à ce compte-rendu, il m'a semblé nécessaire de présenter ma philosophie générale de l'audio. J'aime bien savoir de quoi l'on parle et j'applique cette idée basique au concept de haute-fidélité. J'ai donc regardé sa définition dans le dictionnaire :"Qualité d'un matériel qui reproduit fidèlement tous les sons". Ce qui est intéressant dans cette phrase très simple c'est qu'elle dit ce que c'est mais aussi ce que ce n'est pas. Ainsi n'est-il pas question d'un système agréable à écouter ou parfaitement adapté aux goûts musicaux de son propriétaire, ni d'ailleurs d'appareils que l'on est fier de montrer à ses amis. Et ce n'est évidemment ni un hasard, ni un oubli. Vous l'aurez compris, je n'apprécie pas le culte de "l'euphonisme", ni celui des filaments rougeoyants, du chrome et du bois précieux. Autrement dit, je n'aime pas mon système haute-fidélité, mais seulement la musique qu'il reproduit.

En suivant ce même concept, ce sont des avantages inattendus que l'on peut aussi tirer de la réalisation des différents tweak du DCX2496 : la remise en question par l'expérience de certains mythes de l'audio, hélas souvent confortés et colportés par les audiophiles. Certaines de ces idées reçues ont même parfois pris valeurs de quasi-lois pour le plus grand bénéfice des revendeurs qui profitent ainsi de la désorientation de la clientèle.

A travers ce compte-rendu d'écoute comparative, nous allons tenter d'examiner la pertinence de trois de ces idées reçues : "le numérique est source de duretés comparé à l'analogique", "la multi-amplification active est supérieure à un filtrage passif", "la qualité du système dépend de l'élément le plus faible, l'enceinte acoustique".

Le DCX évalué a reçu son troisième et dernier tweak. A savoir l'alimentation des convertisseurs via le circuit dessiné par Jean-François F. et vendu sous forme de kit par Selectronic. Les deux premiers stades de modification, l'horloge Tent labs et l'étage de sortie passif ont donné lieu à un premier compte rendu d'écoute auquel je vous renvoie. En effet, les conditions matérielles du comparatif sont restées absolument identiques. C'est à dire, le DCX utilisé en tant que simple convertisseur N/A face à un autre convertisseur, de très haute volée, un Stellavox/Goldmund Alizé 3, au sein d'un système mono amplifié sur des enceintes acoustiques filtrées passivement.

Pourquoi cette configuration ? Pour plusieurs raisons :

Est-ce à dire que la multi-amplification n'est pas intrinsèquement meilleure ? Si, bien sûr, mais dans la phrase "la multi-amplification active est supérieure à un filtrage passif", il manque un mot fondamental, qui fait toute la différence. Ce mot c'est "potentiellement". Or permettre à cette suprématie théorique de se réaliser sur un plan pratique n'est ni simple, ni automatique. Et j'en veux pour preuve les si nombreux systèmes multi-amplifiés qui sont des caricatures de haute-fidélité.

Et cette difficulté nous renvoie à une autre légende : "la qualité du système dépend de l'élément le plus faible, l'enceinte acoustique". A la différence de la précédente qui n'était qu'imprécise, celle-ci est par contre totalement et rigoureusement fausse. Pourquoi ? Parce qu'elle oublie qu'un système haute-fidélité est d'abord une STRUCTURE SEQUENTIELLE DE TRANSMISSION DE L'INFORMATION. Autrement dit, toute information perdue ou corrompue en amont l'est définitivement ! D'où la prééminence qualitative de l'élément situé le plus en amont dans un système haute-fidélité.

La source sonore est donc première. Ce qui implique la prégnance du choix de la méthode de comparaison sur les résultats que celle-ci produit. La proposition de Leonard Norwitz et Peter Qvortrup est la seule à résoudre convenablement cette question, en supprimant le concept pernicieux d'enregistrement de référence. Voir ce lien : Audio Hell (l'enfer en audio)

Ensuite vient la lecture du disque et la conversion. C'est pourquoi l'écoute du système multi-amplifié avec le DCX d'origine, le Rane RPM26Z, le BSS 366 Omnidrive, et le DCX avec les deux premières modification n'ont pu surpasser le système passif, alimenté par le convertisseur N/A Stellavox/Goldmund, qualitativement très nettement au-dessus. Cette suprématie s'est retrouvée intacte, ou presque, dans le résultat final.

C'est aussi la raison pour laquelle je suis circonspect sur le résultats obtenus par les systèmes multi-amplifés utilisant un ordinateur. La conversion s'effectue systématiquement au sein de cartes-sons. Or même les modèles professionnels ne parviennent pas à égaler qualitativement les meilleurs convertisseurs séparés, ce qui limite forcément la qualité globale du système. Une solution évidente consiste à sortir en numérique de l'ordinateur et alimenter un convertisseur NA de très haut niveau par voie.

Mais revenons à notre DCX. Avant la comparaison, les niveaux d'écoute ont été alignés à 0,1 dB près. Une collection "non-sélectionnée" de disques a été préparée puis écoutée sur les deux appareils.

D'abord, il est absolument incontestable que les progrès qualitatifs obtenus sur le DCX avec cette nouvelle alimentation sont au moins aussi importants que ceux découlant du remplacement du pitoyable étage de sortie d'origine. et ceci parce que le bouchon que représentait celui-ci a sauté. Pour dire les choses simplement, le DCX d'origine est au niveau d'une très bonne carte son d'ordinateur, le DCX modifié est véritablement un appareil digne du haut de gamme!

Une des qualités des excellents appareils est l'intelligibilité. Lorsque le message sonore à reproduire devient complexe, ceux-ci persistent à séparer naturellement les informations sans devenir confus. Que ce soit un instrument solo ou un masse orchestrale, ils gardent la même lisibilité. C'est absolument le cas du DCX désormais.

Les autres points positifs sont :

Maintenant il me faut bien répondre à LA question : qu'en est-il de la confrontation du DCX avec le Goldmund ? Dans mon premier compte rendu d'écoute j'avais indiqué que le Behringer avait parcouru 90% de la distance le séparant d'un tel appareil. Je dirais après la dernière modification qu'il en a désormais parcouru 97 ou 98%.

En quoi consistent donc ces 2 ou 3 % ? Je dirais d'abord que le Goldmund est un peu plus linéaire que le DCX. Celui-ci a une très légère tendance à rendre la restitution un peu trop brillante, en raison d'un haut-médium / aigu légèrement souligné. Le Goldmund différencie également mieux les timbres dans l'aigu. Pour employer une image plus facile à interpréter, il est légèrement plus fin.

Enfin, la restitution des retours acoustiques est également meilleure car plus différenciée et naturelle sur le Goldmund.

Pour le reste les deux appareils font jeu égal. Ce qui signifie que si la mise en oeuvre du DCX est bien maîtrisée (les possibilités qu'il octroie sont à double tranchant), je pense que le système multi-amplifié sera enfin supérieur à la version passive. J'en témoignerai dès que le système sera complètement opérationnel.

Pour conclure, j'aimerais relater une anecdote. Prenant son DCX sous le bras, mon ami Thierry l'a fait écouter à quelques connaissances audiophiles. Dire qu'ils ont été surpris est un doux euphémisme. Certains n'imaginaient pas qu'une lecture numérique puisse surclasser à ce point la lecture analogique. Sans doute ont-ils investi beaucoup trop dans des haut-parleurs et pas assez dans des convertisseurs de très haut-niveau pour s'en être aperçu plus tôt. Cela fait quand même au minimum 10 ans que le numérique a définitivement surclassé l'analogique. Encore un mythe qui s'évanouit…