04/08/2008

Compte-rendu d'écoute après modification de son DCX2496 par Gérard F.

 

 

Ecoute du DCX 2496 de Behringer après une première " opération de la taille"

(sorties analogiques directes passives)

Ma chaîne hi-fi actuelle comprend un lecteur de CD 63 SE KI de Marantz, les amplificateurs Musical Fidelity Elektra E10 (aigus), AM 80 Atoll (médium) et AX 590 Yamaha. Les enceintes acoustiques maison sont deux caissons bass-reflex (PAD 31) et deux baffles ouverts en dipôles acoustique ( Supravox 215 RTF 64, Beyma CP 21).

Le filtrage est assuré depuis deux ans par un DCX 2496 de Behringer via l'entrée numérique et les sorties analogiques. Deux potentiomètres Cermet de 22 KOhms à quatre circuits chacun ( 6 utilisés en tout, 2 en réserve, après un condensateur de 2,2 à 6,6 microfarads MKP d'entrée) contrôlent le volume des voies à l'extérieur du DCX 2496.

Cette chaîne multiamplifiée et filtrée numériquement me permet d'écouter avec précision et agréablement de la musique classique (contemporaine, romantique et ...classique), de la musique ancienne (baroque, Renaissance et médiévale), plus de la musique traditionnelle (voix et instruments -Japon, Inde, Iles anglo-saxonnes et un peu de jazz). Le tout avec l'habitude du concert baroque vivant.

La qualité du son de l'ensemble de la chaîne était très bonne et l'écoute prolongée sans fatigue pour un investissement modéré. Cependant dans le circuit de sorties analogiques, les amplificateurs opérationnels d'origine du DCX 2496 (JRC 4580 dans un schéma compliqué) m'avaient toujours paru suspects de limiter la qualité du son (aigus quelconques, médium propre et neutre sans frisson).

 

La modification du circuit de sorties analogiques ou "opération de la taille"

Le 14-Juillet (en guise de défilé), je me suis décidé à tenter la modification du filtre numérique de Behringer proposée depuis 2005 par Thierry Martin sur son site . Soit le remplacement des amplificateurs opérationnels de sortie par un circuit de sorties asymétriques passives. Les sorties directes constituent un filtre passe-bas de 1ère ordre (1 kOhms ½ W 5 %, 33 nF polystyrène). L'opération, que j'appelle "opération de la taille " (1) parce que stressante, a duré deux heures au total. L'appareil s'est révélé en définitif accessible et opérable. Il s'est bien remis de l'intervention du premier coup. Le problème rédhibitoire aurait été de procéder sur des composants de qualité trop médiocre, fragiles et " imbricolables".

 

Impressions d'écoute après modification

Pas de comparaison en double aveugle par un panel d'audiophiles affûtés. Je compare les nouvelles sensations d'écoute sur des CD maintes fois lus avec le souvenir que j'ai gardé de la chaîne hi-fi avant modification. La critique porte autant sur le DCX 2496 modifié que sur le reste de la chaîne de reproduction. Donc, écoute subjective et infidèle par définition.

Ceci dit, dès les premières secondes d'écoute, la reproduction sonore paraît meilleure. Comme on dit dans les revues spécialisées: "plusieurs voiles acoustiques ont disparu". Une nouvelle clarté des prises de sons surprend sur les CD pourtant maintes fois repassés. Le naturel de la scène sonore est troublant sur nombre d'enregistrements. Certaines prises de son (Aliavox) sont quasi holographiques. Une plus grande présence physique des instruments et la qualité de la scène sonore permettent de retrouver immédiatement les sensations acoustiques du concert. L'image sonore des instruments et des chanteurs a gagné en précision. Ils sont mieux différenciés en position. Leur volume physique est celui de l'enregistrement sans réduction, ni gonflement. Dans Spem in alium de Th. Tallis (Gimell), les choeurs et les solistes se sont soudain différenciés comme extraits d'eux-mêmes d'un magma sonore. Ce qui constitue une expérience étonnante après plus de dix ans d'écoute du CD. Aucune intermodulation des voix d'un orchestre ou dans un choeur n'est détectable; en fait on ne se pose plus la question après les premières minutes d'écoute.

La scène sonore est naturellement large et profonde . Elle déborde latéralement sans problème les enceintes acoustiques sur certains enregistrements. Elle s'est approfondie autant que l'enregistrement le permet. Là non plus, on ne se pose pas de question sur un manque éventuel de largeur ou de profondeur acoustique. Le volume de la réverbération paraît normale, sans gonflement.

Les timbres des instruments et des chanteurs sont plus fins et souvent "saisissants". On ne se pose pas de question sur leur qualité qui paraît "normale"; aucun défaut n'est apparent. L'aigu, qui semblait simplifié et quelconque, est devenu plus coloré et plus fin ( son soyeux sur certains instruments à corde). La médium est superbe. La dynamique des enregistrements est reproduite sans effort quel que soit le niveau d'écoute. La puissance acoustique potentielle paraît sans limite grâce à la clarté de la reproduction, aux haut-parleurs à haut rendement et à la puissance disponible suffisante (total de 2 x 240 W).

L'écoute est sans gêne aucune, toujours confortable et bien souvent troublante.

Bruits de diffusion

La chaîne opérée n'est plus aussi silencieuse à moins de 20 cm des haut-parleurs. Du souffle est entendu sur le tweeter Beyma (40 Watts électriques sur 104 dB de rendement). Les haut-parleurs médium Supravox (80 watts sur 98 dB ) diffusent un léger bruit d'origine probablement numérique.

L'opération du DCX 2496 a été faite à la volée. Aucun plan de masse, blindage ou cheminement protégé des fils, des câbles extérieurs et des résistances n'a été reconstitué. La continuité électrique des masses métalliques n'a pas été vérifiée. Une deuxième "opération de la taille" suivie d'une reconstruction partielle sera donc nécessaire pour identifier une à une les sources de bruit et les supprimer.

Conclusion

L'entrée numérique et les sorties analogiques modifiées en filtrage passif sont la voie royale du DCX 2496 de Behringer. Pour moins de 300 euros, l'audiophile au budget limité dispose d'un ensemble de décodage numérique et de filtrage d'enceintes acoustiques de très haute qualité et d'utilisation puissante et souple.

Je ne doute pas que les mêmes performances puissent être atteintes par un ensemble d'appareils classiques (décodeur numérique/analogique, filtrage passif, enceintes du commerce) dix fois plus chers.

Le seul désavantage de cette voie est une opération de taille sévère du DCX 2496 (ouverture du boîtier, chirurgie d'une limande, court-circuitage d'amplificateurs opérationnels, soudure de composants et recâblage des prises, perte de la garantie de deux ans).

Très satisfait - et rassuré- par le progrès considérable de mon DCX 2496, j'envisage maintenant de remplacer l'alimentation à commutation de l'appareil par une alimentation continue avec un transformateur extérieur.

 

Note : (1) Le Tableau de l'Opération de la Taille et autres Pièces pour la Viole, Marin Marais, 1725