Juillet 2006

découverte inattendue

 

le charmant port de Guidel (photo de l'auteur)

Nos vacances nous ont conduit cette année comme souvent par le passé vers le charmant pays Lorientais, à la limite séparant les départements du Morbihan et du Finistère. Après une semaine de soleil digne de la Côte d'Azur et une chaleur torride, il s'est produit ce qui se passe souvent lors d'une marée à fort coefficient (105 je crois) à savoir que le temps change brusquement. Les nuages se sont amoncelés, et une pluie bienfaisante nous a détournés de la plage, de la pêche et des pâtés de sable durant deux ou trois jours. L'occasion rêvée pour découvrir l'arrière pays, et pourquoi pas rendre une petite visite à la communauté Emmaüs sise à Rédéné, entre Pont Scorff et Quimperlé.

Une fois fait le tour des objets exposés à l'extérieur, je furette preque sans m'en apercevoir dans l'entrepôt principal où se trouve le rayon électroménager lorsque je tombe sur une volumineuse paire d'enceintes qui semble tout droit sortie d'un catalogue Cibot des années 60. Elles sont en piteux état évidemment mais deux choses attirent instantanément mon attention : ce sont des enceintes de fabrication artisanale, pas de doute, et à vue de pif le diamètre de l'unique haut-parleur est d'environ 200mm. En examinant l'enceinte et en tâtant le tissu de la façade je devine deux évents. Pas plus interressé que cela je continue ma promenade tout en me disant que finalement le DIY est aussi vieux que la haute-fidélité et en ayant une pensée émue pour l'auteur de ces enceintes, sans doute en train d'écouter sa musique au paradis des tweakers à l'heure qu'il est. Et puis je n'y tiens pas, je reviens vers les grosses boîtes (70 x 50 x 30 cm) et j'entame une aimable discussion sur les vertus de la Communauté avec Maurice, le Compagnon responsable du rayon électroménager. Je lui demande tout de même le prix de ces deux monstres et m'entends annoncer 12 modestes euros pour la paire. Allez, je vais rendre un dernier hommage au génie méconnu qui les a fabriquées avec talent - placage en bois véritable apparié s.v.p - et me voilà propriétaire d'un joli tas de bois. Une fois revenu à notre à notre port d'attache en bord de mer et n'y tenant plus je dégaine ma boîte à tournevis (je ne pars jamais sans elle) et mon Opinel pour ouvrir le ventre des bébés. Après tout j'ai ce qu'il me faut en enceintes à la maison, tout ce qui m'interresse c'est éventuellement les haut-parleurs que contiennent celles-ci :

Après quelques minutes de lutte acharnée avec la face arrière voici ce que je découvre, pas vraiment surpris  :


Une charge en deux parties, la cavité derrière le HP débouche sur deux évents, l'un directement vers la face avant et l'autre dans une cavité secondaire, laquelle est elle-même en contact avec le monde extérieur via un troisième évent . Il faudra que je cherche dans ma bibliothèque comment se nomme ce principe de charge, mais le vocable "résonateur accordé" me vient à l'esprit.

Ce que vous avez vu si vous avez cliqué sur l'image qui montre la charge, c'est surtout que je viens d'acheter pour 12 euros une paire de Supravox T.215 SRTF à aimant Ticonal. Bingo ! Le diamètre apparent de la membrane et le soin du montage m'avaient mis la puce à l'oreille et je suis sans doute tombé sur la réalisation d'un audiophile des sixties qui avait décidé de se payer un des meilleurs haut-parleurs large bande disponibles à l'époque. Grâces soient rendues à cet inconnu. Les haut-parleurs sont eux-mêmes en parfait état, ils semblent neufs, voyez les images ci-dessous. Ah, et puis je n'ai pas eu le coeur de jeter les caisses. Je vais y remonter les HP et les écouter telles que leur concepteur les a voulues, c'est le moins que je puisse faire pour lui rendre hommage, quitte à les mettre à la benne ensuite.

 

 

 

Avec moi, tous en en choeur :

Ils ont des Supra - Vox

Vive la Breta- gne

Ils ont des Supra - Vox

Vivent les Bre - tons

 

Le moulin de Beg Ménez, sur la Laïta (itou)

photo de l'auteur

 

Epilogue : fin 2006 ces haut-parleurs ont été vendus à un collectioneur passionné.