Qui suis-je ?

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Narcisse par Le Caravage, vers 1595

 

Narcisse (en grec ancien Nárkissos) est le fils du dieu fleuve Céphise et de la nymphe Liriope. Et voilà donc l'inévitable séquence narcissique comme sur tout site internet personnel qui se respecte.

Je suis "tombé dans la hifi" au début des années ' 70. Etait-ce à cause de cette impresionnante chaîne André Charlin sur laquelle notre professeur de musique nous faisait écouter Mahler au lycée Frédéric Mistral lorsque j'entrai en 6ème en 1968 ? Les étranges colonnes avaient le pouvoir de capter l'attention de la classe, le son qui en émanait on ne l'avait jamais entendu ailleurs et l'amplificateur ne ressemblait à rien de ce que nous connaissions.

Ce qui est sûr c'est que quelques années plus tard dans ma bonne ville d'Avignon, nous les mômes on bavait devant la vitrine du Hall de la Hifi, magasin sis rue du Portail Magnanen. On y voyait les Marantz de Mr Saul Marantz himself , qui étaient encore made in USA et qui galopaient derrière les McIntosh. Ce magasin était le seul à proposer des "chaînes" (mot employé à l'époque) très chères. A cette époque aussi Sansui nous sortait des merveilles tout de noir et de chrome vêtues, la classe et un son magnifique en prime, ça vous remuait les Celestion,JBL et autres KEF comme pas deux. Bill Johnson, strict inconnu, venait de créer Audio Research et bricolait des machins improbables au fond de son garage. Personne non plus ne connaissait Mr Mark Levinson, un autre bricoleur devenu célèbre grâce à son système HQD. Et puis les Scott, Esart, Filson, AR, Elipson, Fischer, Dual, Connoisseur, Barthe et tous les autres, la grosse cavalerie de ce qui était à l'époque une industrie florissante, des centaines de marques oubliées aujourd'hui.

A côté de ces stars de la HiFi, nous autres les gamins on se contentait de Teppaz bricolés. Les plus fortunés se payaient une chaîne Grundig ou Philips, avec un ampli-tuner et des enceintes de 4 ou 5 litres de volume et un lecteur de cassettes ou une platine Dual. Mon premier tweak authentique, résultat d'une frustration grandissante, a consisté à transformer mon Teppaz trouvé en parfait état dans une poubelle (je jure que c'est vrai) en véritable chénifimono ! Hein quoi comment ça ? Et bien en sortant l'électronique du socle du coffret pour n'y garder que la partie platine, et en déplaçant le HP Siare de 20cm dans un baril de lessive Ariel dont j'avais découpé et renforcé le fond ! L'ampli (???) était très joli car j'avais installé une loupiote rouge en série avec je ne sais plus quoi et celle-ci s'illuminait plus ou moins en fonction de la puissance débitée par l'étage de sortie. J'ai failli mettre le feu à la maison grâce à mon "ampli" installé dans un coffret en contreplaqué qui bien sûr n'était pas ventilé (et oui, ça chauffe les tubes). Mais pendant les quelques semaines de vie de ma chénifimono mes 45tours ont sonné comme jamais ! Ce fut sans doute le début du vice :si ça marche comme ça, c'est que ça doit pouvoir marcher mieux. D'où ce site.

Entre temps et beaucoup plus tard, après le gonflage de Mobylette il y a bien sûr eu des tas d'autres bricolages audio dont la plupart firent sourire ou s'inquiéter mon entourage. Au hasard et dans le désordre : platine tourne-disque posée dans un bac à sable qui devint instantanément le lieu d'aisance de notre chatte, fusion de plomb dans une casserole sur la gazinière pour couler dans un moule un support de bras de lecture comack avec pour principal résultat l'enfumage de toute la maison, fabrications diverses de socles en béton, imitations de boules Elipson, j'en passe... Et quelques réussites aussi, comme cet amplificateur 8W Le Monstre (la version n°3 tout en bas de la page). Ah, les deux batteries dans le salon, les bulles d'hydrogène pendant la recharge, ah ce n'était pas l'ampli de tout le monde ça monsieur ! Mais madre de Dios, quel son ! C'était le temps de la Maison de l'Audiophile, rue de Belfort et de son aimable tenancier. Aujourd'hui en audio(philie) je me contente de plaisirs plus simples et moins risqués, je vais doucement vers le Buy It Yourself quand c'est possible. L'âge, sans doute. Quoi que de temps en temps cela me reprend, la preuve !

Je réside dans les environs d'un château où le maître d' hôtel Fritz Karl Watel se suicida le 23 avril 1671 pour un bête problème de livraison tardive de poissons lors d'une fête somptueuse qu'il avait organisée pour le Grand Condé en l'honneur de Louis XIV. Ce château a par ailleurs donné son nom à une crème bien connue des gourmands. Et à un jet de pierre de ma pièce d'écoute se trouve un haut lieu de l'expression musicale (un indice figure dans l'image ci-dessous pour vous aiderà trouver où je vis).

Pour finir je tiens tout particulièrement à préciser que je ne suis pas un "audiophile" : ma première préoccupation est la Musique. La technique n'est là que pour la servir.

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